Chicago

Rob Marshall, 2003 (États-Unis)


Dans les années 1930, Chicago vit autant au rythme des coups de flingues que celui, très jazz, de la grosse caisse et du charley. Le synopsis se résume à une de ces petites affaires criminelles pour lesquelles presse et public ont pu se passionner à l’époque mais qui surtout, selon l’opinion courante, prennent aujourd’hui pleinement part à l’identité de la ville. Rob Marshall ne s’intéresse donc pas tant au simple « rise and fall » de Roxie Hart, jolie jeune femme qui rêvait des lumières des projecteurs et qui n’a eu droit qu’à l’ombre d’une cellule, qu’à ce qu’il désigne comme l’essence même de la célèbre métropole nord-américaine : crimes et spectacles associés. Plus qu’un film sur de banales criminelles et plus qu’un film de procès, Rob Marshall réalise une très bonne comédie musicale… and all that jazz ! Continuer la lecture Chicago

La belle personne

Christophe Honoré, 2008 (France)

Inspirée de La princesse de Clèves de Madame de La Fayette (paru pour la première fois en 1678), la nouvelle réalisation de Christophe Honoré reste pénétrée de sa précédente réussite, Les chansons d’amour (2007). Transposée dans un lycée du XVIe arrondissement parisien (le lycée Molière, que l’on suppose à mille lieux du collège Dolto dans le XXe vu dans Entre les murs de Laurent Cantet, sorti une semaine après La belle personne), point de princesse ni de duc, simplement Junie, jolie et évanescente élève, et son professeur d’italien Nemours qui hésitent longtemps avant de s’engager dans une relation amoureuse forcément vouée à l’échec. Continuer la lecture La belle personne

Le goût de la cerise

Abbas Kiarostami, 1997 (Iran)

M. Badii, comme le pseudo-William Blake (Dead man, Jim Jarmusch, 1996), traverse un territoire qui n’est plus tout à fait celui des hommes mais plutôt celui des âmes. Si le poète au pistolet est dès le commencement condamné à descendre aux enfers, M. Badii, lui, peut-être à l’image de l’Iran tout entier, erre encore au purgatoire. Continuer la lecture Le goût de la cerise

Obscénité et vertu

Madonna, 2008 (Royaume-Uni)


Filth and wisdom pourrait être la suite de Cradle of fear (Alex Chandon, 2001), le premier nanar gore de Dani et sa bande (le groupe Cradle of Filth). Il n’en est rien puisqu’il s’agit évidemment du premier long métrage de Madonna. Pas vraiment le même monde musical, mais si Madonna et Cradle of Filth ont des goûts communs pour le sexe et la perversion… Ou dans ce cas : pour l’obscénité mais aussi la vertu. Continuer la lecture Obscénité et vertu