Willow

Ron Howard, 1988 (États-Unis)

Dès la fin des années 1970, de nouveaux mondes se déploient. La guerre des étoiles (1977), Rencontre du troisième type (1978), Lucas et Spielberg ont fait réapparaître le merveilleux à l’écran. L’heroic fantasy peuple les salles obscures d’êtres étranges et plonge le spectateur dans des ambiances médiévales fantastiques (Dark crystal de Jim Henson et Frank Oz, 1982, Conan le barbare de John Milius, 1982, Legend de Ridley Scott, 1985).

George Lucas remet le scénario de Willow entre les mains de Ron Howard. Voilà le réalisateur de Cocoon (1985) dans l’équipe des jeunes cinéastes artisans participant au renouvellement du spectacle hollywoodien. Dans l’histoire, on trouve un peuple de nains. Sont donc sollicités les acteurs ayant enfilé le costume ewok dans Le retour du Jedi (Richard Marquand,1983). Le premier rôle revient à Warwick Davis. Citons également Kenny Baker qui joue un des « voleurs du temps » de Terry Gilliam (Bandits, bandits, 1982). ILM assure les effets spéciaux (transformations en monstre ou en cochon). Lucas qui produit le film (avec Joe Johnston*) est derrière l’épaule de Howard jusqu’au montage. L’utilisation des techniques de raccord qui plaisent tant à Lucas le prouve (balayage vertical, horizontal, circulaire… La guerre des étoiles les collectionne tous).

Fées et dragons, trolls et petits peuples, la quête imposée à Willow l’agriculteur est digne de celles imaginées par Tolkien. Sur son chemin, Willow croise le guerrier Madmartigan (Val Kilmer faisant tournoyer l’épée comme nul autre) et la rousse Sorsha (Joanne Whalley, fille de l’ennemie mais finissant par tomber sous le charme de Madmartigan…). Montagnes, plaines et forêts, la Nouvelle-Zélande offre des paysages magnifiques et variés (les mêmes décors naturels filmés plus tard par Peter Jackson dans Le seigneur des anneaux, 2001). Les imposantes forteresses érigées complètent le tableau à merveille.

Les sources d’inspiration de Lucas sont plurielles et d’abord bibliques (le bébé confié à la rivière…). Même si seuls des hommes sont chargés d’une mission, constatons aussi l’importance de la femme dans l’aventure : au-dessus de tous la magicienne et la sorcière (sœur des reines noires de Disney, dans Blanche-Neige, 1937 ou La belle au bois dormant, 1959), Sorsha la guerrière (non pas en détresse comme sur l’affiche mais bel et bien l’égale de Madmartigan ; ce dernier un moment déguisé en femme), l’élue qui est une petite fille (le métrage est ponctué de nombreux inserts montrant la bouille très expressive du bébé ; on imagine la patience de l’équipe technique…).

Présenté à Cannes en mai 1988, Willow n’a pas rencontré dans les salles le succès attendu par les producteurs. Le divertissement est pourtant réussi. Enchanteur même ! Allez, que foudroient les fées et que tournoient les épées !

* Tantôt responsable des effets visuels, directeur artistique ou chef décorateur, il fait partie des assistants de Lucas et Spielberg. Il réalise son premier film en 1989, Chérie, j’ai rétréci les gosses. Il fait aussi Wolfman en 2010 et c’est à lui qu’est confié le projet Captain America (2011).

Une réponse à “Willow”

  1. Enfant, j’avais adoré ce film. Je l’avais ensuite revu une dizaine d’années plus tard et j’avais trouvé qu’il avait très mal vieilli. Les passages où cela ressortait le plus étaient ceux où les espèces de petits lutins apparaissaient : désopilant. Ce n’est pas un cas isolé, j’ai revu également Tron ( Lisberger, 1982) ou encore Le trou noir (Nelson, 1979)… décevant. Énervant même, car cela gâche la bonne image du film que l’on avait gardée. D’autres pourtant ne prennent pas une ride : E.T. (Spielberg, 1982), Gremlins (Dante, 1984) ou encore Short circuit (Badham, 1986).
    L’acteur qui joue le rôle de Willow a fait un caméo dans Star Wars : épisode 1, il était dans les tribunes pendant la course de module. Il n’a pas pris une ride !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*