Projet Dernière Chance (Project Hail Mary)

Phil Lord et Christopher Miller, 2026 (États-Unis)

Si l’on se trouve en terrain familier avec Projet Dernière Chance, c’est que Drew Goddard, le scénariste, reprend la même figure du héros « ingénieur » développée dans Seul sur Mars (2015). Les deux sont scientifiques, même si le spécialiste en biologie moléculaire (devenu prof de collège) remplace l’astronaute botaniste du film de Ridley Scott. L’un comme l’autre ont été propulsés loin dans l’espace puis, après le décès des membres de leur équipage, ils ont dû se débrouiller seuls et avec les moyens du bord pour assurer la mission confiée et/ou leur survie. Les deux hommes sont cools et sympathiques et s’adonnent à un bricolage salvateur au son d’une pop très XXe siècle.

Projet Dernière Chance prend cependant la tangente quand le personnage de Ryland Grace (Ryan Gosling) rencontre un caillou mobile et intelligent. À bord de son propre vaisseau, l’extraterrestre s’est retrouvé là, dans ce coin de l’espace, pour les mêmes raisons que Grace : enquêter sur le seul soleil connu qui résiste à de mystérieuses cellules dévoreuses d’étoiles, les astrophages. Après une phase d’apprentissage pour communiquer, suivant l’optimisme d’un Spielberg époque Rencontres du troisième type (1977), le film livre un récit positif sur une amitié improbable entre le Terrien Grace et l’Éridanien nommé Rocky.

Le ton du duo de réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller (Tempête de boulettes géantes, 2009, 21 & 22 Jump Street, 2012, 2014…) percute assez bien cette histoire aux enjeux particulièrement graves (solitude, fin de l’humanité et destructions des mondes). Lord et Miller viennent de la comédie et du film familial et, sans abuser des blagues ou des références, rendent l’ensemble léger et pas du tout désagréable à suivre. Dans le marasme géopolitique mondial, Projet Dernière Change fait une sortie aussi inattendue que bienvenue.

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