La Bataille de Gaulle, J’écris ton nom

Antonin Baudry, 2026 (France)

L’Âge de fer avait deux défauts. Il était un divertissement apolitique, sans positionnement réel, ce qui paraît étrange. Il pêchait surtout par excès de patriotisme (celui de De Gaulle et celui de l’assassin de Darlan ; tous les deux présentés comme des héros et, de manière redondante, tous les deux incarnant cet amour forcené pour le pays). Dans J’écris ton nom, la valeur est plus discrètement privilégiée, tempérée par la liberté sous-entendue dans le titre ; celle-ci étant consacrée dans la scène de la libération de Paris (lecture du poème d’Éluard, ton solennel, archives de toute la joie du mois d’août 1944).

Un autre sujet du diptyque se dévoile avec ce deuxième volet. La Bataille de Gaulle qui ne cherche jamais à combattre le nazisme (le mot « nazi » n’est toujours pas prononcé dans cette partie, contrairement au mot « Boches ») dépense en revanche toute son énergie pour lutter contre l’envahisseur, qu’il soit allemand… ou américain. L’histoire de cette deuxième partie se focalise en effet sur les efforts de De Gaulle (Simon Abkarian) à rendre impossible les plans de Roosevelt (Campbell Scott) de sectionner le territoire français, de nommer un fonctionnaire américain dans chaque département et de relancer l’économie avec des billets tirés sur les planches états-uniennes.

Pour cela, De Gaulle compte sur Leclerc (Niels Schneider). La bataille qui assure le spectacle a lieu plutôt au début, en Libye quand le bras armé du général doit, avec une armée réduite, faire face à des dizaines de chars allemands. Selon le scénario, la France doit s’affirmer sur le champ de bataille avant d’avoir droit à la parole sur le champ politique. Dans cet épisode également, Darlan est remplacé par Giraud (Thierry Lhermitte) que l’astucieuse stratégie gaullienne saura en temps voulu écarter.

Le film est long. Les discours ne passent pas aussi bien que dans L’Âge de fer. La musique de Théo Cascio dans J’écris ton nom (comme celle de Volker Bertelmann dans le premier volet -pourquoi deux compositeurs ?-) est néanmoins suffisamment enlevée pour maintenir l’intérêt quand le rythme de la narration se distend. Les enjeux concernant la formation du CNR autour de Moulin (Félix Kysyl) et l’instauration du GPRF sont quelque peu bousculés. Cependant, une autre valeur qui est dans ce film et pas dans l’autre nous plaît mieux. C’est Leclerc qui la met en avant avec ses troupes, celle de la désobéissance raisonnée, ce pour quoi on devient résistant. On appréciera aussi l’évocation des groupes anarchistes et républicaines venues renforcer la deuxième division française libre. Un plan montre La Nueve entrant dans Paris pour aider à sa libération. Il est vrai qu’en adaptant De Gaulle : une certaine idée de la France de Julian T. Jackson (2019), on ne peut retirer à Antonin Baudry le mérite d’évoquer des aspects peu connus de la France en guerre, voire même restés inédits au cinéma.

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