De l’isolement à l’égarement, du livre de recettes à la démence
Supa Modo
Likarion Wainaina, 2018 (Kenya, Allemagne)
Dans ses discussions la petite Jo (Stycie Waweru) assure ses amis de la supériorité de Jackie Chan sur Jet Li et de celle de Superman sur Iron Man. Sourire jusqu’aux oreilles et les yeux grand ouverts, face aux aventures de ses héros favoris, au cinéma de quartier ou ailleurs lors de séances improvisées, elle avale l’écran complètement transportée. Continuer la lecture Supa Modo
Ad astra
James Gray, 2019 (Etats-Unis)
Réalisateur du très remarqué The lost city of Z (2016) et de The immigrant (2013), le très en vue James Gray s’attaque à la science-fiction avec Ad Astra, film attendu de pied ferme par une horde de fans de SF en manque de films de grande envergure Continuer la lecture Ad astra
Nous le peuple
Claudine Bories et Patrice Chagnard, 2019 (France)
Au début du Grand Débat National, lors d’une de ses premières entrevues en janvier 2019, Emmanuel Macron s’était exprimé au sujet de la démocratie participative en disant notamment que si « toutes les expressions sont légitimes », « toutes les paroles ne se valent pas ». Continuer la lecture Nous le peuple
Portrait de la jeune fille en feu
Céline Sciamma, 2019 (France)
L’ÉTÉ
« Si, de même que les femmes courageuses ont travaillé nuit et jour, avec une suprême diligence et une longue patience, à acquérir d’autres dons que nature ne peut donner sans travail – d’où il est résulté des œuvres bonnes et non sans gloire -, elles s’étaient adonnées à ces études qui rendent immortelles les vertus humaines.
Et si elles avaient pu elles-mêmes transmettre à la postérité le souvenir de leurs propres mérites, sans avoir besoin de mendier l’aide des écrivains au cœur rongé par la haine et l’envie, et qui, la plupart du temps, passent sous silence le bien qu’ils peuvent en dire, tout en publiant partout le mal qu’ils en savent, leur renommée aurait surgi plus éclatante peut-être que le fut jamais celle des hommes illustres »
L’Arioste, Roland furieux, Chant xxxvii (1532 dans son édition définitive)
Le feu est partout qui crépite. Dans toutes les cheminées de toutes les pièces, certes, mais surtout dans le cœur des femmes, au portrait ou non, à leurs pieds et sous leurs yeux, et encore au bas de leur robe, où, si on ne l’arrêtait, toutes de passion s’enflammeraient. Continuer la lecture Portrait de la jeune fille en feu





