L’ espion qui m’aimait

Lewis Gilbert, 1977 (Royaume-Uni)


Succédant à Guy Hamilton, Lewis Gilbert reprend les commandes (On ne vit que deux fois, 1967). Moore porte le costume nœud papillon emprunté à Sean Connery depuis quelques années déjà. Dans ce dixième surgissement de Bond hors des pages écrites par Ian Fleming, les soviétiques et les Britanniques ont un contact rapproché grâce à la mise en place entre les gouvernements d’une hot line (le très visuel téléphone rouge). M devient ami du général Gogol. Ils sympathisent au point de partager le même tombeau égyptien… Le contexte international est à la détente. Continuer la lecture L’ espion qui m’aimait

La guerre des mondes

Byron Haskin, 1953 (Etats-Unis)

Ni fusils, ni canons, ni même la bombe atomique si effrayante ne parvient à les détruire. Les Martiens envahissent la Terre et les scientifiques estiment à six jours le délai nécessaire aux extraterrestres pour anéantir toute trace de la civilisation humaine (« autant de temps qu’il en a fallu au Créateur pour lui donner naissance »). Continuer la lecture La guerre des mondes

L’armée des ombres

Jean-Pierre Melville, 1969 (France, Italie)

Dans l’histoire racontée par Melville, la Résistance est un réseau de l’ombre auquel tous les Français sous l’Occupation participent. Du coiffeur barbier (Serge Reggiani) presque antipathique (pire, collabo craint-on un instant), bienveillant en réalité (ce que prouve un geste simple quand il tend son pardessus au fuyard), à l’aventurier rencontré au comptoir d’un café (Jean-Pierre Cassel) Continuer la lecture L’armée des ombres

Etreintes brisées (Los abrazos rotos)

Pedro Almodóvar, 2009 (Espagne)

Les étreintes sont brisées et les photos déchirées. La séparation ne confine-t-elle pas déjà au dédoublement ? Pedro Almodóvar recourt au thème du double dans un mélo faussement policier avec l’intention d’étreindre amoureusement le cinéma. Parle avec elle (2001), La mauvaise éducation (2003) et Volver (2005) adoptaient un ton ou des sujets plutôt graves (le réalisateur puisait dans ses souvenirs d’enfance pour La mala educación, évoquait la mort d’une mère dans Volver…). Pour ces étreintes, Almodóvar se libère de cette sévérité, opte pour les fausses pistes et une angoisse enflée à en devenir amusante.

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