L’exorciste

William Friedkin, 1973 (Etats-Unis)

Près de quatre décennies après sa sortie, L’exorciste reste encore aujourd’hui une référence dans le monde de l’épouvante. Le scénario est pourtant d’une grande simplicité. Une jeune fille de douze ans, fille d’une actrice célèbre, est d’un seul coup possédée par un démon puissant et meurtrier. Un jeune prêtre et psychiatre, Damien Karras, bien que sceptique sur la réalité du phénomène, va apporter son aide avec le concours d’un exorciste confirmé, le père Merrin.

Le film est réalisé par William Friedkin (French connection, 1972) et a été écrit et produit par William Peter Blatty, l’auteur du livre (paru en 1971) dont il est l’adaptation. A l’origine, l’écrivain s’est inspiré de l’histoire vraie d’un jeune garçon de quatorze ans qui aurait été atteint de possession et qui avait fait la une de l’actualité locale dans le Maryland en 1949. Le livre devient rapidement un best-seller dans le monde entier.

Le thème de l’enfant démoniaque n’est en soi pas nouveau au cinéma puisque Roman Polanski avait déjà abordé le sujet avec Rosemary’s baby en 1968. Pourtant, L’exorciste a de nombreuses qualités. L’atmosphère est oppressante et donne immédiatement un sentiment de malaise. L’interprétation est impeccable et notons particulièrement celle d’Ellen Burstyn dans son rôle de mère affolée et impuissante. Cela fit également connaître Max von Sydow (Merrin) au grand public (l’acteur ayant beaucoup joué pour Bergman dans les années 1950 et 1960, Le septième sceau en 1957, Les fraises sauvages la même année…). Et que dire de la jeune Linda Blair qui passe de l’apparence d’une petite fille naïve (Regan) à celle d’une possédée en furie hurlant des insanités. D’ailleurs, il convient sur ce point de parler un peu de la censure. En effet, la production, dérangée par le fait qu’une petite fille puisse tenir un langage aussi cru, imposa l’actrice Mercedès McCambridge (connue pour ses rôles dans Géant, George Stevens, 1957, et Johnny Guitar, Nicholas Ray, 1955) pour lui confier la voix démoniaque et ordurière de la jeune possédée. Malgré tout, certaines séquences ont fait scandale comme celle de la masturbation avec le crucifix.

Enfin, bien que quelques effets visuels fassent aujourd’hui davantage sourire plutôt qu’ils n’effraient (comme la tête de Regan faisant un demi-tour complet), le film a marqué toute une génération et a révolutionné le cinéma fantastique. Depuis 2001 et sa ressorti sur grand écran, il en existe deux versions des scènes supplémentaires et de nouveaux effets visuels et sonores avaient été ajoutés.

2 commentaires à propos de “L’exorciste”

  1. Le début de cet article m’a fait halluciner : « Près de quatre décennies après sa sortie… ». Presque 40 ans et pourtant, c’est toujours pour moi une des références en terme de film d’horreur. Juste derrière, il y a Freddy Krueger (Les griffes de la nuit, Wes Craven, 1984), et quelques suites plus ou moins réussies.
    A l’époque, ils osaient le trash. Il y avait beaucoup moins d’étudiantes pulpeuses et ils s’en foutaient si le film allait être interdit au moins de 16 ou 18 ans.
    Le genre s’est vraiment dégradé ces dernières années. Difficile actuellement de trouver un bon film d’horreur à se mettre sous la dent. Les remakes s’enchaînent mais ne valent jamais l’original.

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