Je suis une légende

Francis Lawrence, 2007 (États-Unis)

Je suis une légende s’ouvre par les informations rediffusées à la télévision et regardées par Robert Neville (Will Smith), seul survivant, à New York tout du moins, d’une épidémie mortelle provoquée par l’homme. Un médecin (Emma Thomson dans une très brève apparition) explique qu’elle est parvenue par une manipulation génétique à guérir tout type de cancer. Malheureusement, il est trop tard Continuer la lecture Je suis une légende

Renaissance

Christian Volckman, 2006 (France)

Avec le noir et blanc de Renaissance de Christian Volckman (deuxième film en 2006 à montrer Paris dans ces tons, voir ou ne pas voir Angel-A), nous sommes loin de celui gothic-punk de James O’Barr (The Crow), loin de celui violent et rétro de Frank Miller (Sin City), loin de celui poétique et épuré de Hugo Pratt (Corto Maltèse). Quel univers dessert donc cette bichromie ? A vrai dire, on se pose encore la question… Renaissance fait un peu penser à Avalon de Mamuro Oshii (dans le film de Volckman, rien que le nom d’Avalon, désignant une entreprise au monopole absolu sur les médias et le pouvoir, est aussi fréquent dans les dialogues qu’un article défini) : dans les deux œuvres (l’un mélange de 3d de synthèse et d’animation traditionnelle, l’autre mélange de 3d de synthèse et d’images réelles) les principaux protagonistes sont à la recherche d’un monde meilleur (dans lequel la vie humaine serait éternellement prolongée dans Renaissance, d’un paradis virtuel dans Avalon). Mais, dans l’œuvre japonaise, l’atmosphère glauque et pesante est perceptible dans les couleurs ocres et verdâtres ainsi que dans le grain de l’image. A l’inverse, Renaissance propose, semble-t-il, un noir et blanc décoratif. Il arrive aux personnages d’entrer dans la lumière ou de glisser dans l’ombre, mais cela n’est que très peu exploité… On se demande alors si cela n’est pas là par pure simplicité technique. En effet, étant donné que Renaissance n’est qu’un film démonstratif (« voyez, nous Français, ce que nous sommes capables de faire aujourd’hui sur ordinateurs en matière d’animation » ; l’histoire est dénuée d’intérêt, et si parfois des comparaisons avec Blade runner ont pu être faites, ce n’est en raison que de quelques artifices et autres éléments du décor), à la manière du Final fantasy de 2001 ou de Kaena sorti en 2003, c’est dans la forme qu’il faut chercher des explications et non pas dans un fond pas bien profond (et toutes les copies du Penseur de Rodin constituant le cadre d’une scène d’action n’y peuvent rien changer). Peut-être encore ce noir et blanc n’a-t-il de justification que dans l’originalité souhaitée et la volonté de se singulariser d’autres démonstrations ? Il s’agirait par conséquent d’un filtre appliqué comme dans un logiciel informatique de dessin : les concepteurs auraient alors pu changer les contrastes, inverser les couleurs, faire en sorte que le ciel ait la texture de mon ours en peluche, n’importe quoi rendant l’image « remarquable ». D’autres réponses plus solides peuvent éclairer l’utilisation du noir et blanc : une référence volontaire aux films policiers américains noirs et urbains (genre à son sommet dans les années 1950) mais le scénario de Renaissance n’est pas à la hauteur ; ou à la BD, auquel cas on ne sait plus très bien vers quels auteurs et dessinateurs se tourner… Il reste donc à apprécier les prouesses techniques des créateurs de Renaissance : ils changent de point de vue sans arrêt (et sans forcément le justifier) pour pouvoir placer une scène derrière un carreau et obtenir un effet de transparence, ou la présenter sur le reflet d’une vitre ou d’un œil de chien mort, sous la pluie ou sous la neige (tout ce qu’on est capable de faire !). Des éléments de réalisation transparaissent toutefois et certains décors sont bien pensés (le parvis de glace devant Notre-Dame, l’arche servant de bureau au grand méchant). Tous les personnages ne sont pas non plus de noir ou de blanc et des nuances de gris apparaissent de temps en temps dans les caractères et les comportements. Le film au final aurait très bien pu se limiter au format moyen ou court-métrage, les qualités graphiques n’en auraient pas été diminuées.

Pour aller plus avant (sur la technique dans Renaissance ou les thèmes abordés), vous pouvez profiter de la communication de Gilles Ciment (spécialiste, entre autres choses -nombreuses-, des liens entre ciné et BD) faite sur le site du Forum des Images et disponible en video.

Les fils de l’homme

Alfonso Cuarón, 2006 (Royaume-Uni, États-Unis)

Dès le premier quart d’heure, un morceau de Deep Purple, un morceau de King Crimson et une citation des Pink Floyd (le cochon suspendu dans les airs vu de l’Arche des Arts) : le film marquait déjà des points. La réalisation d’Alfonso Cuarón et la forme donnée au métrage sont assez exceptionnelles. Je ne me rappelle pourtant pas de telles prouesses techniques dans Harry Potter 3 du même réalisateur. Continuer la lecture Les fils de l’homme

Maman et la putain, La

Jean Eustache, 1973 (France)

Le synopsis tient en une poignée de mots : Alexandre (Jean-Pierre Léaud) et ses amours compliquées (Bernadette Lafont, Françoise Lebrun). Le film tient en plus de trois heures trente. Il appartient à la Nouvelle Vague et il intéresse surtout pour ce qu’il dit à une époque quelque peu secouée en matière de sexualité Continuer la lecture Maman et la putain, La