Blade II

Guillermo del Toro, 2002 (États-Unis)

Comme Richard Matheson dans Je suis une légende paru en 1954 (voir l’adaptation de Francis Lawrence), Marv Wolfman et Gene Colan, les créateurs de Blade (héros né dans les années 1970 du comic book Tomb of Dracula), envisagent le vampirisme sous un aspect médical. Dans leurs histoires, être vampire c’est avant tout être malade. L’affection est virulente et contagieuse et chaque individu atteint, devenu monstre, est à son tour tératogène. De l’humain au vampire, il n’y a ni mort, ni renaissance. Continuer la lecture Blade II

Fureur de vivre, La (Rebel without a cause)

Nicholas Ray, 1955 (États-Unis)

James Dean gagne la célébrité surtout grâce à deux films tournés en 1955, A l’est d’Eden d’Elia Kazan et La fureur de vivre de Nicholas Ray. Dans un bruit de tôle effroyable, il meurt en septembre de la même année à l’âge de 24 ans. L’image est à jamais figée, celle d’un jeune qui porte en lui un fort sentiment de révolte, celle d’un beau garçon au mal de vivre immanent, le Rebel without a cause du titre original. Continuer la lecture Fureur de vivre, La (Rebel without a cause)

Le monde ne suffit pas

Michael Apted, 1999 (États-Unis)

Outre le traditionnel lot de courses-poursuites empruntant toutes les voies et tous les moyens de locomotion possibles (sur et sous terre, sur et sous l’eau, sur la neige et dans les airs), outre les petits gadgets qui facilitent la vie et les James Bond girls qui finissent au lit, le dix-neuvième Bond sur toile décrit un monde dont l’organisation ne repose que sur le pétrole, enjeu premier autour duquel « toutes » les relations internationales se tissent. Continuer la lecture Le monde ne suffit pas

Hellboy II, les légions d’or maudites

Guillermo del Toro, 2008 (États-Unis)

Je n’ai pas vu le premier épisode du « garçon de l’enfer » (même si je me souviens de la bande son signée Dimmu Borgir !) ni encore Le labyrinthe de Pan, sorti en 2006, mais je connaissais néanmoins tout le talent et la réputation de visionnaire de ce fameux réalisateur mexicain dont la côte de popularité ne cesse de grimper ces dernières années… Continuer la lecture Hellboy II, les légions d’or maudites

W.

Oliver Stone, 2008 (Etats-Unis)

Faire un film sur un président aussi puissant et controversé que Georges W. Bush et ce, en plein exercice de ses pouvoirs, il fallait quand même oser ! C’est d’ailleurs, dans l’histoire du cinéma, la première fiction réalisée sur un président américain encore en fonction. Quel réalisateur français se risquera à tracer le parcours de Sarkozy (et il y aurait de quoi faire !) avant qu’il ne passe la main ? Après l’enquête menée sur la mort de JFK en 1992 et l’évocation de la présidence Nixon en 1996, Oliver Stone s’est donc intéressé au parcours étonnant et atypique du 42ème président des Etats-Unis d’Amérique…

J’avais personnellement bien apprécié le cinglant Fahrenheit 9/11 de Michael Moore (2004), documentaire coup de poing qui prenait très nettement parti contre le président américain, mais ce W. décrit l’homme d’un tout autre point de vue. Tout d’abord sur la forme, W. étant un film à la fois politique et historique (parfois aussi bien comique que tragique, à l’image du principal intéressé), mais aussi sur le ton, qui se veut plus neutre et objectif, il est en tout cas moins une attaque de front comme l’était Fahrenheit 9/11. Même si cette objectivité reste toute relative, Oliver Stone montrant aussi ce qu’il pense des dégâts causés par ces huit années de présidence, elle rests garante de la crédibilité même du film, du déroulement des événements et des propos qui sont tenus dans l’entourage du président américain par différents hommes politiques (George Bush Senior, Karl Roven, Condoleeza Rice, Colin Powell, Donald Rumsfeld, Dick Cheney…). Oliver Stone a aussi eu l’intelligence de ne pas en rajouter sur la prétendue stupidité de Bush, souvent exagérée par ses détracteurs (il faut pourtant avouer que c’est tellement tentant quand on le voit et quand on l’entend…), idem sur les événements du 11 septembre 2001 qu’il avait déjà très largement couverts dans World Trade Center (2006).

Ce long métrage n’est pas réalisé de manière linéaire : on y voit W. au début de sa présidence (entre 2001 et 2003) préparer la guerre en Irak, et, lors de nombreux retours en arrière, lorsqu’il était étudiant et subissait de nombreux échecs, personnels ou non. Durant cette période, la violence et les problèmes d’alcool de ce cowboy faisaient de lui un véritable loser. Ses relations avec son père ont toujours été très tendues, ce dernier lui préférant son autre frère, Jeb. Puis, à l’approche de la quarantaine, on le voit changer : il arrête l’alcool et se convertit au catholicisme pur et dur, il devient avide de pouvoir et souhaite prouver qu’il peut faire mieux que son frère et même mieux que son propre père… Et ce, à n’importe quel prix.

Ce Bush-là fait parfois pitié, on peut même ressentir une certaine forme d’empathie à son égard, il est aussi tour à tour pathétique, dangereux, bête… Et, dès lors, apparaît l’évidence : il n’est absolument pas fait pour endosser le rôle de « l’homme le plus puissant du monde »… Il y arrive cependant à deux reprises !

W. d’Oliver Stone est intelligent et brillant. Il montre avec un grand discernement tout ce qui, appartenant aux domaines psychologique, familial et politique, a amené cet homme à la présidence des Etats-Unis. Il le fait de plus sans aucun sensationnalisme, faux scoop ou excès de zèle. W. n’est donc pas spectaculaire, ni franchement passionnant il faut l’avouer, mais c’est aussi pour cela qu’il est réussi. Espérons maintenant que si Oliver Stone décide de faire, d’ici quelques années, un quatrième film sur un président américain, apparaisse en gros sur l’affiche : « Obama ».

Ludo